Déposée par amour
Un matin, je naquis, à l’aurore d’un jour,
Enfantée du soleil et d’un épais brouillard.
Qu’allais-je devenir, était-ce par hasard,
Que la fleur m’accueillit de son plus bel amour ?
Aussitôt déposée sur les franges soyeuses,
De pétales dorés d’une rose trémière,
Je glissais, lentement, comme d’une paupière,
S’évaderait la larme d’une aubade amoureuse…
Vais-je ici demeurer, me prélasser, sans gêne,
Ou bien être happée par un bourdon velu ?
Quel que soit mon destin, l’orée de mon salut,
Je patiente et j’attends la fin de mon hymen.
Soudain, sans crier gare, ces lieux je quitterai,
Glisserai sur les dards hérissés d’une tige,
Quand le vent étendra, comme simples vestiges,
Des pétales ôtés à la rose fanée…
La force de la vie me renouvellera.
Elle choisira, d’instinct, comme pour toutes choses,
De m’inviter au bal des formes qui éclosent,
Laissant la Terre mère chanter l’alléluia…
— Jld-ramus
